1 Décembre 2005 

Microcrédits: les indicateurs témoignent de l'ampleur des avancées

Les indicateurs clés du secteur des microcrédits témoignent de l'ampleur des avancées enregistrées en la matière, puisque à fin septembre dernier, le nombre cumulé de prêts a atteint 2,8 millions, pour un montant cumulé de prêts de 7,5 milliards de DH

Les indicateurs clés du secteur des microcrédits témoignent de l'ampleur des avancées enregistrées en la matière, puisque à fin septembre dernier, le nombre cumulé de prêts a atteint 2,8 millions, pour un montant cumulé de prêts de 7,5 milliards de DH, et un encours global se situant à 1,140 milliards de DH, a indiqué le Premier ministre, M. Driss Jettou.

S'exprimant mercredi après-midi à Marrakech à l'ouverture des travaux du 1-er forum de la Micro Finance, placé sous le Haut patronage de SM le Roi et initié autour du thème "La Micro Finance, vecteur de développement humain", M. Jettou a ajouté que les performances du secteur tiennent aussi à l'augmentation du nombre des clients actifs pour atteindre 575.000, à l'accroissement considérable des emplois directs permanents qui ont atteint 2.545 et au taux de remboursement maintenu à des niveaux supérieurs à 99 %.

Après avoir rappelé que l'année 2005 marque un tournant important dans l'histoire de la microfinance marocaine, M. Jettou a fait savoir que le Maroc a mis en place son Comité National en la matière, ce qui témoigne de son engagement à inscrire ses efforts dans le cadre de la philosophie énoncée par les Nations unies qui ont proclamé 2005 "Année internationale du Microcrédit".

Dans ce sens, il a passé en revue les objectifs assignés par l'ONU aux activités engagées en la matière, relevant que le Royaume a retenu dans ce sens, deux objectifs essentiels, à savoir: atteindre, au moins, 1 million de bénéficiaires du microcrédit d'ici 2010 et renforcer le secteur de la microfinance notamment par la coordination de son impact social, l'élargissement de ses bénéfices à d'autres couches de la population, la diversification des services offerts, une professionnalisation accrue et une plus grande transparence.

D'autre part, M. Jettou s'est félicité des efforts déployés par les différents acteurs, notamment les associations de microcrédit et les partenaires institutionnels publics et privés, nationaux et étrangers qui ont contribué à l'inscription du microcrédit en tant que composante essentielle de l'architecture financière institutionnelle du Royaume et un moyen incontournable dans l'environnement de la micro-entreprise et de la micro-initiative.

Après avoir mis en relief l'Initiative Nationale de Développement Humain (INDH) et son rôle dans la réalisation du développement social et le rattrapage des déficits sociaux, M. Jettou a fait savoir que les associations agissantes dans ce secteur ont été également appelées à contribuer à la mise en oeuvre de ses programmes et qu'un cadre conventionnel régissant les relations de partenariat entre le gouvernement et le secteur du microcrédit a été tracé.

Ce partenariat, a-t-il poursuivi, prévoit un soutien financier et institutionnel à l'adresse desdites associations pour leur permettre d'étendre leurs financements notamment aux micro projets générateurs d'emplois, et d'élargir la couverture territoriale, en particulier, dans le milieu rural.

"Tous ces chantiers ouverts, ces performances et réalisations gratifiantes à plus d'un titre, nous font prendre davantage conscience, à la fois, du chemin qui reste à parcourir, et des défis à relever, pour une micro finance intégrée au système financier national et répondant aux besoins du plus grand nombre de personnes économiquement faibles et porteuses de micro projets", a-t-il dit.

Dans le même ordre d'idées, il a fait savoir que les nouveaux challenges à relever appellent à plus de professionnalisation du secteur, à une diversification de l'offre des produits et des services financiers qui soient adaptés aux activités génératrices de revenus et à la couverture des aléas de la vie et à la mobilisation des financements appropriés, ajoutant qu'un devoir de vigilance s'impose afin de favoriser la stabilité, contribuer à la rigueur, et garantir la transparence du secteur.

En outre, la gouvernance des associations figure au premier rang des préoccupations, ce qui implique le recours aux techniques modernes de gestion et de planning stratégique, de règles de transparence et d'éthique et ce, dans la perspective d'assurer la réussite, la pérennité et la stabilité du secteur, a-t-il estimé, appelant à une accélération des rythmes d'exécution des chantiers en cours.

De son côté, le Représentant résident du PNUD au Maroc, M. Emmanuel Dierckx de Casterlé, a rappelé que l'année internationale de Microcrédit 2005 a offert une occasion unique aux Etats membres de l'ONU pour confirmer leur engagement dans la création de secteurs financiers intégrants, de mieux comprendre l'importance du microcrédit en matière de réduction de la pauvreté et de renforcer les avancées réalisées dans ce secteur. A ce propos, M. De Casterlé s'est félicité des efforts déployés par la Fédération Nationale des Associations de Microcrédit (FNAM) en collaboration avec le PNUD pour la mise en oeuvre de l'Année internationale de la Microcrédit au Maroc, notant que celle-ci (année) a constitué un cadre productif de participation à un processus dynamique de réalisation et de lancement de chantiers structurants par la FNAM tels l'adoption du Plan Comptable spécifique aux besoins du secteur, la formation et l'assistance technique, la Centrale des Risques et la création d'un Fonds de Refinancement.

"Ce sont justement ces actions aussi diverses que nombreuses qui ont valu au Comité National de l'Année internationale au Maroc d'être primé par les Nations Unies lors du forum de la Microfinance tenu les 7 et 8 novembre à New York", a-t-il dit, rappelant que le Maroc qui a été finaliste parmi 12 pays dans le monde, est le seul pays du monde arabe et du Moyen Orient à recevoir cette distinction.

Pour sa part, M. Rida Lamrini, président de la FNAM a souligné l'importance de ce forum qui constitue une occasion exceptionnelle pour faire l'état des lieux de la microfinance nationale et dans le monde, de présenter les tendances et les perspectives d'évolution et de rechercher la convergence des outils de la microfinance avec les politiques de développement humain.

D'autre part, M. Lamrini a mis en exergue les efforts déployés par le gouvernement, les établissements financiers et les organisations internationales en matière de lutte contre la pauvreté et d'intégration des couches sociales les plus vulnérables dans le tissu économique national.

Après avoir rappelé que la FNAM s'engage par le biais de son comité à finaliser le projet de la Centrale des Risques et qui verra le jour au cours du premier semestre de l'année 2006, M. Lamrini s'est félicité également de la grande expérience du Maroc en la matière. Sur le rôle de la FNAM dans la promotion du secteur, M. Lamrini a fait savoir que celle-ci s'engage à partager son expérience avec les institutions de microfinance à travers le monde qui souhaiteraient en bénéficier et à mettre à leur disposition "cet important outil de maîtrise de la qualité du portefeuille clients et de contrôle du niveau d'endettement des bénéficiaires".

"L'évolution de la microfinance dans le monde : le point d'inflexion après l'année internationale 2005", "Avancées et défis de la microfinance dans le monde arabe", "situation des Microcrédits au Maroc", "évolution de la réglementation de la microfinance", "Centrales des Risques : facteurs de réussite", "méthodologie de développement de nouveaux produits", "la transparence financière" et "le programme gouvernemental de développement humain, INDH : rôle de la micro finance", sont des thèmes parmi d'autres qui seront débattus lors de cette rencontre de 3 jours.

A rappeler que la cérémonie d'ouverture qui s'est déroulée en présence notamment, du ministre du Développement Social, de la Famille et de la Solidarité, M. Abderrahim Harouchi, du secrétaire d'Etat chargé du Développement Rural, M. Mohamed Mohattane et du wali de la région de Marrakech-Tensift-Al Haouz, M. Mounir Chraïbi, a été marquée par la remise de prix à certains agents de crédits pour leur excellent travail, à deux jeunes universitaires pour leurs recherches dans le domaine de la microfinance, ainsi qu'à certains micro-entrepreneurs ayant réussi leurs projets. (MAP)