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Lutte contre le travail des enfants
Seuls 500.000 enfants travailleurs reçoivent un véritable apprentissage.
Rahma, 14 ans, travaille depuis 5 années déjà comme bonne chez une famille aisée de Casablanca. Elle n'a jamais été directement payée. C'est son père qui perçoit, à la fin de chaque mois, son salaire ne dépassant même pas le SMIG. Aujourd'hui, elle n'a qu'un souhait : vivre pleinement son enfance et bénéficier de l'enseignement.
Le cas de Rahma n'est pas isolé. Ils sont entre un million et demi et deux millions d'enfants au Maroc, privés de leur droit de scolarisation, qui travaillent ou sont tout simplement obligés de vivre dans la rue.
Malgré les efforts déployés en faveur des enfants au travail, la situation de cette catégorie d'enfants reste préoccupante. Plusieurs enquêtes ont montré que les enfants sont souvent mis au boulot à un âge très jeune et que peu d'employeurs respectent les conditions d'emploi prévues dans les textes. Selon les statistiques officielles, seuls 500.000 enfants travailleurs reçoivent un véritable apprentissage.
Le très faible niveau socio-économique des familles oblige les parents à insérer leurs enfants dans le monde du travail à un âge précoce. La misère ajoutée à l'exode rural, à l'inadaptation des systèmes éducatifs et socio-économiques et à l'éclatement de la cellule familiale, concourent souvent à générer une enfance soumise, sans défense et prête à l'emploi. Sans formation ni expérience, ils sont amenés à accepter n'importe quel petit boulot pour subvenir aux besoins de leur famille. Ils s'exposent de la sorte à l'exploitation, à la mendicité et aux aléas de l'informel sous les regards d'employeurs dénués de scrupules. Surexploités et mal payés, les enfants représentent une main-d'œuvre bon marché. Celle- ci reste à la merci totale de l'employeur.
En cas d'accident, ce qui est très fréquent, les petits ouvriers se retrouvent à la rue sans aucune forme d'indemnisation. Une étude a révélé que 72 % des enfants domestiques commençaient leur journée avant 7 heures et que 65 % ne se couchaient pas avant 23 heures. Les filles, comme Rahma, en raison justement de leur affectation à des tâches ménagères, ont des journées de travail plus longues que les garçons. C'est là une des raisons essentielles pour lesquelles elles sont moins scolarisées. Elles sont, par ailleurs, plus exposées aux sévices sexuels et à leurs conséquences comme l'exclusion sociale, les traumatismes psychiques et les maternités non désirées. Les garçons, quant à eux, sont victimes de lésions provoquées par la manutention de charges trop lourdes pour leur âge et leur stade de développement physique. Ils sont également assujettis à travailler dans l'artisanat.
Environ 5.000 à 10.000 enfants de 8 à 14 ans produisent des tapis. Ils représentent une main-d'œuvre productive pour leurs maîtres qui arguent le fait de leur apprendre un métier pour l'avenir. Pire, certains d'entre eux sont exploités dans des décharges publiques par des sociétés de tri locales et étrangères en toute transgression des droits humains et des conventions internationales. Dans ces décharges sauvages, il existe des déchets médicaux dont le risque de contamination par des maladies transmissibles est fortement de mise.
Les responsables avides de ces sociétés tirent profit de leur innocence et de leur fragilité. Ils payent les mômes 20 centimes le kilo alors qu'ils le revendent à d'autres sociétés de recyclage à 2 DH le même kilo. Abject ! Afin de lutter contre ce phénomène, dont les conséquences sur la société sont de plus en plus préoccupantes, le gouvernement qui a décrété le 12 juin, Journée nationale de lutte contre le travail des enfants, prépare, en collaboration avec des ONG, une loi qui propose d'élever l'âge du travail des enfants de 15 ans à 18 ans.
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